Tu les a vues ? Mes compétences
La révolution du recrutement selon les compétences serait en marche. Le diplôme ne fait plus tout. Bonne nouvelle, mais, dans les faits, le changement est lent.
Fini le règne du diplôme, place aux compétences dans le recrutement ? Les chiffres sont impressionnants. Soixante pour cent des employeurs estiment que les compétences comportementales sont plus importantes que les compétences techniques. Près de trente pour cent des offres d’emploi ne mentionnent plus de prérequis académiques. Aux États-Unis, quatre-vingt-cinq pour cent des entreprises déclarent pratiquer le recrutement par compétences.
Une étude de Harvard montre que seulement 0,14 % des embauches se libèrent des diplômes. Autrement dit : tout le monde en parle, presque personne ne le fait vraiment.
La France reste un pays où le diplôme est un signe distinctif. Trente ans après leur sortie d’école, des cadres mentionnent encore Polytechnique ou HEC sur leur profil LinkedIn, pas seulement pour retrouver d’anciens élèves. Mais le diplôme ne garantit plus l’emploi comme autrefois : il signale encore une appartenance, une légitimité. Cette persistance culturelle ralentit chez nous la bascule vers l’évaluation par compétences.
Pourtant, quand on retire le filtre du diplôme, le vivier de candidats qualifiés se multiplie par dix-neuf.
Les diplômés en lettres et sciences humaines incarnent ce paradoxe. Ils ne souffrent pas d’une estimation de déficit de compétences, mais d’un défaut de reconnaissance. Leur capacité d’adaptation, leur pensée critique, leur maîtrise de la communication, sont précieuses dans un monde où les soft skills montent en puissance. Pourtant, ils accèdent plus difficilement aux postes de cadre et leurs conditions d’emploi restent moins favorables que celles des ingénieurs ou des diplômés d’écoles de commerce.
Le Forum économique mondial estime que deux cinquièmes des compétences existantes seront transformées ou obsolètes d’ici 2030. Les compétences techniques évoluent vite. Les compétences humaines, elles, restent stables : capacité d’apprentissage, collaboration, communication, résolution de problèmes.
Face à cette instabilité, certaines organisations adoptent des “taxonomies de compétences”, des systèmes de classement qui organisent et hiérarchisent les savoir-faire nécessaires à chaque poste. Ces taxonomies permettent d’identifier les lacunes, de planifier les formations et de favoriser la mobilité interne. Problème : plus de la moitié des professionnels RH ne savent pas ce qu’est une taxonomie de compétences et soixante-seize pour cent n’en ont pas encore mis en œuvre.
Ce qui coince
Les entreprises continuent à utiliser les CV, donc à chercher les diplômes. Même quand elles affirment recruter par compétences. Retirer la mention “Bac+5 requis” d’une offre ne transforme pas un processus de recrutement. La vraie bascule exige des systèmes d’évaluation concrets : mises en situation, études de cas, tests pratiques. Des outils comme la Méthode de Recrutement par Simulation de France Travail montrent que c’est possible. Mais cela bouleverse les habitudes.
Les compétences deviennent la monnaie du travail quand elles structurent réellement les décisions d’embauche, de formation, de mobilité. Pas vraiment quand on se contente de les afficher dans les présentations PowerPoint. Entre discours et pratique, l’écart reste immense. Pour les managers de proximité, l’enjeu n’est pas de suivre la mode du “skills-based hiring”. C’est de savoir identifier, développer et valoriser les compétences réelles de leurs équipes. Avec ou sans diplômes.
On vous a fait suivre cette newsletter ? Vous la découvrez grâce à un réseau social ? Elle vous plaît ? Abonnez-vous 😀Salaires femmes-hommes : cela ne s’arrange pas
Dans son dernier baromètre social trimestriel, Silae, entreprise de la gestion de paie et des ressources humaines, s’est penchée sur les différences de salaires entre les femmes et les hommes.
La méthodologie repose sur une analyse de près de 7 millions de bulletins de paie (principalement des TPE et PME) pendant toute l’année 2025.
La situation ne s’améliore pas tellement :
l’écart se creuse tout au long de la vie professionnelle : de 2,57 % à l’entrée dans la vie active à 14,90 % après 50 ans - soit un facteur multiplicatif de 5,8
les PME-TPE sont, paradoxalement, plus vertueuses que les grands groupes : les grandes entreprises (250+ salariés), pourtant soumises aux obligations les plus strictes, affichent un écart de 18,22 %, près de six fois celui des TPE (3,22%)
l’écart salarial moyen s’établit à 8,47 %, mais c’est l’écart entre la moyenne (8,47%) et la médiane (2,94 %) qui est le plus révélateur : les hommes occupent massivement les postes à très haute rémunération
les femmes représentent près de 65 % des salariés à temps partiel : 35 % d’entre elles travaillent à temps partiel, contre seulement 16 % des hommes
l’écart de salaire varie considérablement selon les territoires : de 0,51 % en faveur des femmes en Lozère, à 38,16 % en leur défaveur dans les Pyrénées-Atlantiques.
😵💫 Une étude Gallup de 2025 montre que 70 % des salariés capables de télétravailler préfèrent des modalités hybrides ou entièrement à distance. La flexibilité n'est plus un avantage : c'est un levier d'engagement, de productivité et de fidélisation.
🚴🏿 Le vélo n’est pas un outil d’émancipation féminine
Le vélotaf est un bon mode de transport qui donne de l’autonomie. Pourtant, les femmes font moins de vélo que les hommes. Et, derrière ce fait, il s’en cache un autre. Le vélo “fait gagner du temps” aux femmes… pour les courses et les allers-retours de logistique domestique.
🤸🏽♂️ Youpi, youpi, youpi
Depuis le 1er mars, en Belgique, le droit au rebond, ou “prime trampoline”, permet aux personnes qui ont travaillé au moins 10 ans, de bénéficier d’un droit à des allocations allant jusqu’à douze mois. L’objectif de cette loi est d’éviter le burn out à des personnes se sentant prisonnière dans leur emploi.
😱 Aïe, le savoir est gratuit
L’analyse du marché de l’emploi indien (500 millions de personnes) met en évidence que les humains qui vendaient leur savoir à prix d’or (analystes, consultants, développeurs…) constatent que leur produit est désormais accessible gratuitement à quiconque dispose d’une interface d’IA.
🤔 Les compétences humaines "distinctives" prennent de la valeur
Une info qui complète la précédente : l'avenir n'oppose pas humains et IA, mais humains différenciés et humains indifférenciés. Les organisations qui n'investissent pas dans le développement humain.
😤 Much ado about nothing
Les recherches Gartner révèlent que seul un investissement IA sur cinquante apporte une valeur transformationnelle, et qu'un sur cinq seulement génère un retour sur investissement mesurable. Alors même que les PDG fixent des objectifs de croissance ambitieux fondés sur les promesses de l'IA.
😎 Gros menteurs
Les annonces de licenciements se multiplient dans la tech, avec une mention fréquente de l’IA comme cause. Mais la réalité est plus complexe que celle d’un “grand remplacement” des employés. Ce que certains appellent l’IA washing.
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Êtes-vous victimes du Job Hugging ? 🌀 Quand l’augmentation de nos dépenses d’armement profite… à des pays étrangers 🌀 Trois nobellisés alertent à propos de l’IA 🌀 Avez-vous créé votre clône numérique au travail ? 🌀 Vous connaissez le vrai coût des burn-out ?
Vous utilisez probablement l’IA. Vous serez peut-être surpris d’apprendre que les bonnes techniques d’écriture de prompts ne sont pas celles que vous avez l’habitude d’utiliser. Des ingénieurs d’OpenAI et d’Anthropic ont révélé, via des documents internes, les techniques de prompt qu’ils utilisent réellement.
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