Si j'aurais su, j'aurais fait plombier
Sous la pression de l'IA et de la pénurie de main-d'œuvre, les jeunes diplômés se tournent massivement vers les métiers manuels. Non plus tant par quête de sens, mais par calcul stratégique.

Il y a un an, nous nous interrogieons sur le futur du travail des cols bleus. L’engouement pour ces métiers manuels était là, encore timide. Les chiffres publiés aujourd’hui racontent une histoire en évolution.
Un cadre du numérique de 34 ans quitte son poste pour devenir plombier. Une chargée de communication passe un CAP en menuiserie. Un développeur s’inscrit en alternance chez un électricien. Ce ne sont plus des anecdotes de couloir. Ce sont les symptômes d’un retournement silencieux, documenté des deux côtés de l’Atlantique.
Aux États-Unis, les représenants de la génération Z travaillent, ou souhaitent travailler, dans un métier manuel à 42 %. Parmi eux, 37 % de diplômés universitaires. En France, une enquête d’Opinion Way pour les Chambres des métiers et de l’artisanat réalisée en janvier 2025, révèle que 50 % des 16-29 ans envisagent de se reconvertir un jour dans un métier manuel. Les CFA accueillent aujourd’hui près de 900 000 apprentis, un record historique en France ; les deux tiers ont moins de 23 ans.
Trois raisons expliquent ce retournement.
La première est économique. Dans un marché du travail atone, à faibles embauches et faibles licenciements, 62 % des cols blancs américains disent qu’ils pourraient changer de secteur d’activité pour de meilleurs salaires et plus de stabilité.
La deuxième raison est stratégique. C’est là que quelque chose a changé en un an : environ 80 % des jeunes qui s’orientent vers les métiers manuels mettent en avant la résistance à l’automatisation comme motif principal. On ne choisit plus l’artisanat uniquement par quête de sens. On le choisit par anticipation.
Le troisième moteur est existentiel. Les témoignages de reconvertis font apparaître une recherche commune : le besoin de se reconnecter au réel, de faire quelque chose de visible, de tangible, d’utile. “Aujourd’hui, je fais quelque chose que je vois, que je touche. Je sais pourquoi je me lève” analyse un témoin dans un podcast de l’Unedic.
Le marché du travail valide ces choix. Aux États-Unis, plus de 400 000 postes qualifiés sont non pourvus, et 3,8 millions de travailleurs manuel supplémentaires seront nécessaires dans la décennie selon le Manufacturing Institute et Deloitte.
En France, près de la moitié des employeurs se plaignent d’avoir des difficultés à recruter et le BTP annonce un déficit de 100 000 travailleurs qualifiés.
Près de 40 % des cadres français cherchent plus d’épanouissement et s’orientent vers des métiers à dimension humaine, des métiers manuels ou d’artisanat.
Ce qui se joue ici dépasse la reconversion individuelle. C’est la symbolique du travail qui est ébranlée. Environ un tiers seulement des Américains travaillant en col bleu estiment que leurs concitoyens respectent leur travail. Et pourtant, ce sont eux que le marché recherche, que l’IA ne remplace pas, et que la transition écologique va massivement solliciter.
Techniciens en énergie solaire, installateurs de pompes à chaleur, réparateurs de ce qu’on va devoir réparer plutôt que jeter : les projections du Bureau of Labor Statistics placent les techniciens en énergie éolienne en tête des métiers à plus forte croissance, avec 50 % d’augmentation des effectifs attendus entre 2024 et 2034.
En France, 250 000 artisans partiront à la retraite d’ici 2030, causant un appel d’air considérable. Les formations sont courtes, les insertions rapides, les salaires en hausse : 70 % des apprentis trouvent un emploi dans les six mois suivant l’obtention de leur diplôme.
Et pourtant la non considération des métiers manuels persiste. Seulement 7 % des parents américains préféreraient que leur enfant suive une formation professionnelle plutôt qu’un cursus universitaire.
Aux enfants de jouer pour convaincre leurs parents que l’avenir vous donnera raison.
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Vite dit
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