Regarder. Observer. Réfléchir... Et bonnes vacances
Les changements dans l'entreprise ne sont pas une affaire de bricoleurs. Petit serrage de vis par ci, coup de marteau par là, cela ne suffit pas. Une vue d'ensemble ça s'organise.
Cette newsletter est la dernière de la saison. Nous nous retrouverons en septembre après des vacances (peut-être) et du repos (j’espère). Passez, en tout cas un bel été. Même si vous restez au bureau.

Normalement, les dirigeants réfléchissent à des stratégies et à l’organisation de l’entreprise pour faire face aux changements. Or, depuis la Covid et les nouvelles demandes de la société, on a l’impression que les entreprises réagissent au coup par coup, souvent sans véritable vision ni stratégie. Un peu comme si elles trainaient les pieds pour s’adapter au monde qui change.
Elles concèdent quelques jours de télétravail, un peu de coworking, des congés sans plafond, des semaines de quatre jours. On distribue de la liberté aux cadres et des badgeuses aux autres. À ce rythme de petits pas, les équipes s’épuisent et les jeunes quittent l’entreprise.
On propose des solutions, plus ou moins à la mode, à des problèmes que personne n’a jamais vraiment formulé. Tout se passe comme si les entreprises perdaient la main sur les évolutions du travail.
Voici ce que je crois, après vingt ans à regarder le travail muter.
Le travail reste un collectif, même éclaté géographiquement et temporellement. Les membres d’une équipe résolvent ensemble ce qu’aucun salarié ne résout seul. La question à se poser n’est pas “combien de jours au bureau”, mais : “pourquoi se voit-on au bureau “ ? Quand la coprésence crée de la valeur, pour décider ou concevoir par exemple, il n’existe aucune réticence à se déplacer dans l’entreprise. Tout le reste de l’activité peut se réaliser dans des endroits où l’on peut vraiment se concentrer.
Or, on ne décrète pas un collectif. On l’organise.
Autre angle d’observation : le travail tertiaire a quitté les métropoles, et c’est une chance. Plus de trois mille cinq cents tiers-lieux maillent le pays, en majorité hors des grandes villes. Une journée de trajet évitée, c’est parfois une heure rendue à la vie.
La campagne n’est pas un musée à préserver ni un refuge pour citadins fatigués. C’est un terrain où s’invente un autre rapport au travail, à condition de cesser de le penser comme un arrière-pays de la grande ville.
Le travail se juge sur ce qu’il produit, pas sur la présence de celui qui le fait. Surveiller les claviers, compter les heures de connexion : voilà de la fermeté tonitruante qui trahit une autorité défaillante. Le petit chef qui fait une crise d’autoritarisme fait du bruit parce qu’il a cessé d’arbitrer. On sait manager différemment… et plus efficacement. On fixe des objectifs clairs, un délai, des critères, puis on laisse faire ceux qui savent, c’est-à-dire ceux qui font. On juge ensuite, sur pièces. Cela n’a rien d’un relâchement et c’est souvent plus exigeant.
Voilà ce que vous trouverez dans Zevillage. Pas de méthode à vendre, pas de mots d’ordre. Pas non plus de récit inspirant calibré pour plaire. Juste un poste d’observation, tourné vers les endroits où le travail se réinvente vraiment, comme une PME, une coopérative, un territoire qu’on croyait en déclin.
J’écris pour ceux qui veulent vraiment penser leur travail, sans bourrer le crâne de personne. Je démonte aussi les mots utilisés pour éviter de penser. À commencer par Futur du travail, notre base line pendant longtemps, que je n’ai jamais aimée. Le futur ne se lit pas comme une certitude, il peut éventuellement s’imaginer. Mais tout le monde n’est pas Jules Verne ou Ray Bradbury. Plus modestement, j’ai choisi d’observer et de raconter ces changements que je note au quotidien.
Et, j’en suis convaincu, ce futur du travail ne sera pas un grand soir. Il se produira grâce à une addition de petits matins lucides.
On vous a fait suivre cette newsletter ? Vous la découvrez grâce à un réseau social ? Elle vous plaît ? Abonnez-vous 😀Comment savoir qu’une entreprise doit améliorer sa prévention santé mentale ?
Regardez trois choses que vous suivez déjà :
les arrêts maladie
le turnover.
et le temps que vos managers passent à gérer des tensions plutôt qu’à faire avancer le travail.
Si ces trois signaux montent, la santé mentale est peut-être déjà un sujet d’organisation.
Pas un sujet “à côté”.
En 2024, 42 % des salariés français se sont vus prescrire au moins un arrêt maladie.
L’OMS estime que dépression et anxiété font perdre 12 milliards de journées de travail chaque année dans le monde.
Premier pas simple à réaliser : réunir chaque trimestre RH et managers autour de trois questions : Où les arrêts se concentrent-ils ? Où les départs augmentent-ils ? Où les managers absorbent-ils trop ?
La prévention commence souvent quand on relie enfin des chiffres qu’on regardait séparément.
Lily Facilite la Vie vous aide à transformer la santé mentale en sujet de pilotage.
🤣 Les routiers sont sympas
Très malin : Engie vient de signer un contrat pour équiper 173 points de recharge de camions sur les autoroutes allemandes. L’entreprise a choisi de s’appuyer sur les temps de repos des chauffeurs pour la recharge : 45’, soit une charge pour 4h30 de trajet. Un argument pour sauver les 400 000 conducteurs des véhicules autonomes ?
🤡 Le recrutement de papa, c’est fini !
Le responsable de Claude Code affirme que votre entreprise ne doit plus recruter des compétences avec des intitulés de poste comme “ingénieur “ et “concepteur”. Elle a besoin de cinq archétypes d’employés pour créer des équipes diverses mais complémentaires
😎 La fin des caissières ?
Dans le nouveau magasin de mode Massimo Duti de Copenhague, tous les vendeurs disposent d'appareils mobiles équipés de la fonction Tap to Pay (comme dans les Apple Store depuis longtemps) qui leur permettent de finaliser les achats depuis n'importe quel point du magasin, sans passage en caisse.
🥴 Ça fait mal
La France a un problème de croissance en général, et de ses entreprises en particulier. Si elle crée beaucoup d’entreprises, grâce à une forte énergie entrepreneuriale, celles-ci ne deviennent pas des champions. Pour Philippe Silberzahn, l’explication est simple : l’hostilité culturelle du pays à la croissance.
😱 Personnalité très toxique
Parfois, les héros de l’entreprise créent les crises qu’ils prétendent résoudre. Dans certains contextes, ce collaborateur “sauveur” loin d’être la solution est surtout le symptôme d’un problème organisationnel important. Une sorte de syndrome de Münchhausen.
Vite dit
Instagram, le nouveau Linkedin de la Gen Z 🌀 Gagnez de l’argent en vendant des pelles 🌀 La hausse des arrêts maladie causée par un problème de management ? 🌀 Tout le monde sait que c’est faux 🌀 Les patrons qui refusent le télétravail sont-ils narcissiques (bis) ?
On a oublié de vous le dire : la vie, c’est aussi pendant la semaine, pas seulement le week-end.
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