Sept nuances de liberté
Et si les Happiness managers étaient les pionniers incompris d'une révolution des organisations du travail ? Oublions le baby-foot et gardons les aspirations à une qualité de vie et de flexibilité.
Bienvenue dans cette nouvelle Newsletter de Zevillage. Je suis Xavier de Mazenod. Je vous envoie chaque jeudi, dans votre boîte mail, des idées et des trouvailles pour comprendre ce que nous réserve le futur du travail et pour vous aider à travailler mieux et vivre mieux.
Ce n’est plus un sondage, c’est un plébiscite : à la question de la semaine dernière, Dans votre travail, avez-vous déjà rencontré des inégalités ou autres manifestations du sexisme ?, vous avez répondu Oui à 89% et Non à 11%.

Vous vous souvenez des Happiness managers, encore appelés Chief Happiness Officers (CHO), dans Linkedin, ou Responsables du bonheur ?
Ils sont apparus chez nous il y a une dizaine d’années après leur éclosion dans les startups de la Silicon Valley. Chargés “d’ambiancer” les bureaux pour améliorer le bonheur au travail, les CHO on été rapidement réduits au rôle “d’amuseur de l'open space, d’installateur de baby-foot et de fournisseur de corbeilles de fruits”.
La mayonnaise n’a jamais pris dans les entreprises françaises. Contrairement au buzz.
On (moi aussi) s’est beaucoup moqué de leur métier, considéré comme un gadget qui a donné lieu à de nombreuses critiques et satires, comme celle, très drôle, de Karim Duval.
C’était rigolo, mais très injuste. La forme était ridicule, notamment à cause de la traduction approximative de Happiness en bonheur. Prétendre installer le bonheur dans l’entreprise ? L’expérience s’est arrêtée là. Or, sur le fond, le métier de CHO était précurseur du souci de la qualité de vie au travail, préoccupation qui a explosé après la Covid.
Cette démarche illustrée par le mouvement des Happiness managers est aussi celle qui nous motive à Zevillage : libérer le travail ! C’est-à-dire arrêter de prendre les salariés pour des enfants (je l’ai souvent écrit ici), admettre que qualité de vie au travail et bons résultats de l’entreprise sont compatibles. Reconnaître aussi qu’il existe d’autres organisations du travail que le salariat ou le bureau à plein temps. Comprendre que le CDI jusqu’à la retraite n’est plus l‘idéal des jeunes entrants sur le “marché du travail”.
L’idée n’est pas nouvelle. Les démarches de Qualité de vie au travail (QVT) ou la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) existaient bien avant, même si c’était sous des formes très bureaucratiques.
Les dirigeants du vieux monde ont parfois des pieds de plombs. La libération tarde. Et régresse même si l’on en juge par les crispations autour du télétravail, et par les tentatives de retour forcé au bureau.
Après plusieurs années d’information et d’évangélisation, nous nous rendons compte que rester observateur des changements du monde du travail ne suffit pas. Nous voulons accélérer la transformation du travail pour le rendre plus humain et plus efficace. Et, même si la Covid nous a donné un coup de pouce dans cette transformation, le changement est lent.
Nous avons donc décidé d’aller plus loin et de nous engager plus concrètement dans la transformation du monde du travail. Avec les pionniers et les “faiseurs” intéressés, nous visons sept objectifs qui nous semblent prioritaires :
en finir avec le bureau à 100%
engager (pour de vrai) une parité femme-homme
favoriser l’autonomie et l’entrepreneuriat dans le travail
en finir avec les bureaux moches
développer des organisations de travail vertueuses sur le plan environnemental
favoriser l’entreprise apprenante
permettre un meilleur aménagement du territoire et une bonne coopération ville-campagne.
Sur quel point voulez-vous participer pour accélérer cette mutation du travail ? Manifestez-vous en laissant un commentaire ou envoyez-moi un message direct par le canal de votre choix. Je vous en dirai plus ;-)
Baromètre du télétravail en tiers-lieux
Le premier Baromètre du télétravail en tiers-lieux, réalisé par l’IFOP et France Tiers-Lieux, en partenariat avec l’Association Nationale des Tiers-Lieux, montre que les tiers-lieux sont encore loin d’être envisagés par les entreprises comme espace possible pour télétravailler.
Il faut préciser que les tiers-lieux, à l’origine du mouvement, ne souhaitaient pas du tout être associés à l’idée de coworking ni d’espaces de travail.
😇 Les gros sournois
Le projet de loi de finances 2025 (adopté le 4 février) prévoit un abaissement important du seuil de franchise de la TVA à 25 000 € (au lieu de 37 500 € pour les prestations de services et de 93 500 € pour la vente de marchandises). Une mesure qui toucherait 200 000 entreprises, dont de nombreux micro-entrepreneurs.
👌 Tout savoir sur la GenZ
Quand les DAF (directeurs administratifs et financiers) découvrent que les jeunes actifs sont en train de révolutionner le monde du travail.
✊ Métro, boulot, bistro, mégots, dodo, zéro
L’expression métro-boulot-dodo, a été inventée dans un poème de Pierre Béarn, en 1951. Elle est devenue synonyme de routine et de monotonie. En mai 68, elle est reprise par les “insurgés” qui expurgent le vers du poème de trois mots pouvant être mal interprétés : bistrot, mégots, zéro. Trop popu ?
📊 Emploi territorial
Le Baromètre HoRHizons 2025 dévoile les tendances de l’emploi dans les collectivités territoriales. Même préoccupations que dans le privé : attractivité, conditions de travail des agents et maîtrise des coûts.
🤔 Comment font-ils ?
WeWork (si, si, le canard est toujours vivant) publie un bilan sur la manière dont ses 500 000 membres dans le monde ont travaillé en 2024 dans ses 500 espaces.
🍷 Vous boirez bin un p’tit coup ?
Ça c’est du vrai Jean-Laurent Cassely, avec son regard sociologique sur des sujets invisibles aux autres : La France des bars-tabacs (en libre téléchargement) plonge dans le quotidien et l’évolution d’un petit commerce omniprésent dans notre paysage culturel, spatial et commercial.
😱 Ça cétait avant
Autrefois, les entreprises de la Silicon Valley promettaient un avenir radieux à leurs salariés, en échange de longues journées de travail : bonne paye, perks, participation au capital, bureaux luxueux, autonomie dans le travail... Aujourd’hui elles seraient plutôt en guerre contre leurs salariés.
Utiliser dernières intelligences artificielles (Deepseek, Llama…) sur votre ordinateur ? C'est possible et cela ne prend que cinq minutes. Cela vous apporte beaucoup selon Bruno Lussato qui a produit un tutoriel vidéo et un petit outil à télécharger :
l'IA est en local, dans votre ordinateur
100% gratuit (open source)
pas de connexion à l’Internet (utile si vous travaillez sur des données sensibles que vous ne voulez partager ni avec la NSA, ni avec le parti communiste chinois).
Vite dit
Photos : comment ces forêts ont été remplacées par des data centers 🌀 Vous bossez pour l'argent, vous ? 🌀 Grâce à l’IA, rédigez des textes difficiles à lire pour saboter les bureaucraties ! 🌀 Ne restez pas enfermés dans vos bureaux.
Testez ces excuses auprès de votre boss pour poser des jours de congés (bravo au service en charge de l’attractivité à Las Vegas).
Cela fait drôlement plaisir un clic sur le 🩷 ci-dessous. Cela me montre que vous êtes là, attentifs.
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Intéressée pour collaborer sur le point 1 et en complément le 7 !
Bonjour Xavier, une newsletter toujours riche et stimulante, merci !
Partante pour en savoir plus et contribuer éventuellement sur les points 1...à 7 ? Si je dois choisir, alors 1, 4 et 7 mais vraiment tous les sujets m'intéressent.