Oct 20, 2020 • 37M

[Podcast #1] Laetitia Vitaud et Nicolas Colin et la transformation du travail

 
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Le podcast de Zevillage, pour repenser le travail avec celles et ceux qui vivent déjà le futur.
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La pandémie nous a fait prendre un peu de retard mais voilà enfin le 1er épisode des podcasts de Zevillage. Pour cette première, nous avons interviewé Laetitia Vitaud et Nicolas Colin.

Laetitia est auteure et conférencière spécialiste de la recherche sur le travail du futur. Son mari, Nicolas, ancien énarque et inspecteur des finances, est spécialiste de l’entrepreneuriat et co-fondateur de The Family, un incubateur de start-ups.

Ils publient chacun une newsletter et ensemble un media baptisé Nouveau départ consacré à l’après-crise où ils publient, entre autre, une vidéo à 2 voix. Petit clin d’oeil, nous les interviewons donc ensemble.

Une dernière chose avant de commencer: merci à Alain Moreau et à Séverine Fäh pour leur aide dans la production de ces podcasts.


Zevillage : Donc, début mars, vous avanciez votre départ de Londres que vous aviez prévu pour fin 2020, à cause du confinement, vous décidiez de vous rapatrier ici en Normandie. Vous avez même théorisé dans une newsletter de Nicolas, je crois, votre démarche. Est-ce que c’est la manière de s’alléger pour s’adapter à un monde qui devient incertain ? C’est quoi ?

Nicolas Colin : Cela partait pour nous de notre expérience du déménagement à Londres. On est partis à Londres il y a cinq ans, pour différentes raisons, et à l’époque, comme je l’ai expliqué dans cette newsletter à laquelle tu fais allusion, j’étais fasciné par le style de vie de mon associé dans The Familly qui s’appelle Oussama Ammar qui prétend pouvoir déménager avec juste une valise. Il s’est débarrassé méthodiquement, au fil des années, de tout ce qui pouvait trop l’encombrer dans cette mobilité permanente à laquelle il aspire. Et quand on a déménagé à Londres, j’ai cherché à comment répliquer cela à l’échelle d’une famille de quatre personnes.

En fait, comme on a cette petite maison ici où on enregistre dans l’Orne, on s’est dit on va mettre tout ce qui est lourd et encombrant à la campagne. Cela va être notre base arrière, de sorte qu’on pourra déménager à Londres avec aussi peu d’effets que possible et même en s’installant là-bas, dans quelque chose qui était déjà meublé.

En fait, on a beaucoup apprécié cette complémentarité entre la base arrière et la possibilité de déménager à Londres légers. Et moi, je me suis toujours dit, mais cela restait de l’ordre de l’irréalité, qu’en cas de pépin, si tous les deux ans on perdait nos revenus, on pourrait donner notre préavis à notre propriétaire à Londres et venir se réfugier ici à la campagne où la vie coûte très peu cher et où toutes nos affaires sont notamment tous nos livres.

Laetitia Vitaud : Cela fait effectivement une grosse différence en termes de dépenses parce qu’en enlevant le loyer et la vie à Londres et en se rebasant sur notre base arrière, qui nous coûte de toute manière puisque comme la garde, d’un coup, on a divisé nos dépenses par trois à cinq comme ça, d’un coup.

N.C. : Et en fait c’est arrivé de façon complètement inattendue du fait de la pandémie ou parce qu’on avait ce déménagement prévu de longue date de toute façon, on s’est dit on va l’avancer de quelques mois et attendre que les choses se tassent dans notre base arrière.

Zevillage : Il y a eu un déclic quand on a commencé à parler de confinement en Angleterre aussi, ou comment ça s’est passé ? Du jour au lendemain ?

L.V. : Précisément c’est quand l’Angleterre ne parlait pas de confinement, qu’on a un peu paniqué. On voyait toute l’Europe se préparer à un confinement, prendre le sujet très au sérieux. Et c’était le moment où Boris Johnson et toute l’Angleterre étaient encore un peu sur le modèle suédois de l’immunité grégaire. Nous on ne va rien faire, on va laisser le virus se répandre très vite et comme ça, les gens sont immunisés. Maintenant, on sait que t...