Management : cure de détox ?
Le management dit toxique est une plaie. Et pourtant les managers autoritaires et manipulateurs sont à la mode.
Bienvenue dans cette nouvelle Newsletter de Zevillage. Je suis Xavier de Mazenod. Je vous envoie chaque jeudi, dans votre boîte mail, des idées et des trouvailles pour comprendre ce que nous réserve le futur du travail et pour vous aider à travailler mieux et vivre mieux.

Le phénomène du Revenge Quitting (démission revancharde) fait un petit tabac dans la presse française, après celle des États-Unis. Contrairement au Quiet Quitting (démission silencieuse), elle consiste à partir avec fracas en laissant son travail en plan. Avec des conséquences parfois graves pour l’entreprise : effacement de mots de passe, disparition de dossiers, dénigrement sur les réseaux sociaux. “Ce n'est plus une simple démission, c'est un acte de rupture bruyant, assumé, pensé pour marquer les esprits et laisser une empreinte durable dans la mémoire de l'entreprise” explique cet article.
Les invisibles, les petites mains, indispensables et ignorées, vont se venger ainsi en claquant la porte. D’une certaine manière c’est plutôt une bonne chose de partir en disant pourquoi.
Le phénomène est le même dans la relation client-prestataire : mieux vaut un client insatisfait qui le dit plutôt qu’un client qui pratique le Quiet Quitting. Au moins l’entreprise peut se corriger. À condition d’avoir un management attentif.
Justement, à propos de management, une des raisons avancées par ces salariés démissonaires est le ras-le-bol des managers toxiques. Cela complète le tableau, avec la perte de sens, le manque de reconnaissance, les conditions de travail insupportables. Ce phénomène touche de plein fouet la Génération Z, les “zoomers” nés entre 1997 et 2012, plus rebelles et peut-être plus sensibles que leurs aînés aux dysfonctionneemnt de l’entreprise.
Un manager toxique, on en a tous rencontré au moins une fois. C’est celui qui pratique un management déstabilisant pour ses équipes et fragilise leur efficacité. On le retrouve à tous les étages de la hiérarchie ; c’est souvent un homme, parfois une femme.
Il est harceleur, micro-manager, manipulateur, ambitieux soucieux de sa carrière uniquement, fanatique du contrôle : les typologies de ces managers et de leurs motivations sont variées. Le résultat est toujours le même : dévalorisation du travail des collaborateurs et pression permanente.
Ces comportements toxiques sont une double catastrophe pour l’entreprise. D’abord pour les salariés qui travaillent dans de mauvaises conditions, qui sont harcelés par le micro-management ou épuisés par la charge de travail.
Ces reproches émanent-ils de salariés feignants et pleurnichards ? Pas du tout, comme vient de le révéler la Grande enquête sur la santé mentale au travail de Moka Care. Parmi les salariés interrogés, 15% estiment mauvais leur état de santé mentale ! Avec des nuances : stress continu, mauvais sommeil, fatigue chronique, irritabilité, dépression, burn-out voire pensées suicidaires ! Mais 74% des salariés de l’enquête ont déjà ressenti un état mental négatif à cause de leur travail.
Deuxième catastrophe : les managers toxiques pénalisent aussi lourdement l’entreprise. Leurs comportements induisent du désengagement, de l’absentéisme, des arrêts maladie et des démissions, parfois revanchardes, qui finissent par altérer les performances de l’entreprise et son attractivité.
Une question se pose alors : pourquoi les entreprises tolèrent-elles ces managers nuisibles à leur efficacité et à leur salariés ?
Ma conviction est que cette toxicité est le produit d’une culture, d’une vision de leur business. Une conception court-termiste qui privilégie les résultats rapides, et se soucie peu de la qualité de vie des salariés comme élément de la durabilité de l’entreprise.
Heureusement, il existent beaucoup d’entreprises qui ne tolèrent pas ces comportements. Il s’agit donc bien d’une philosophie pour la conduite de l’organisation par le top management.
Malheureusement, il semblerait que le management autoritaire soit tendance comme l’observe ce chercheur. “Donald Trump ou Jean-Luc Mélenchon pour la politique, Elon Musk pour l’entreprise, Cyril Hanouna pour les médias… Le succès et l’influence de ces personnalités clivantes et polémiques, qui n’hésitent pas à user de l'agressivité pour affirmer leur autorité et leur pouvoir, semblent témoigner de l’influence croissante d’un leadership autoritaire fondé sur le rapport de force et l’intimidation.”
Et il semblerait aussi que nous assistions à un backlash de la qualité de vie au travail.
😂 Faut se calmer !
”Personne n'est fichu de me répondre le vendredi” s’est énervé Jamie Dimon, le patron de la banque JP Morgan devant ses salariés à propos du télétravail. Il a conclut en appelant les télétravailleurs à revenir au bureau ou à démissionner. La faute à qui si son entreprise ne sait pas gérer le travail hybride ?
👏 Télétravail et cause des femmes
Un point de vue intéressant et peu entendu de l’économiste Claudia Senik sur le télétravail. Il a eu, selon elle, la vertu de sensibiliser les hommes, plus présents à la maison, à l’importance des tâches ménagères, et donc, à la nécessité de partager ces tâches.
😨 J’veux pas être chef, chef
Un sondage anglais décrit le “conscious unbossing” où 52 % des jeunes cadres anglais rejetteraient consciemment le management dans leurs choix de carrière. Les raisons : trop de stress, peu de récompenses, un faible pouvoir de décision et des opportunités de développement personnel limitées.
👿 Pff c’est dur
Décidément les managers old style vont avoir bien des misères avec leurs salariés de la Gen Z. “Trop chiants pour les patrons” avec leur “trop haute exigence”. Et s’ils avaient raison ?
⛺️ Cool
Ces deux parents qui travaillent à la maison ont construit eux-mêmes leur Work-shed, un chouette espace de télétravail de 11 m2 (5 m2 pour chacun) dans leur jardin. Un reportage en photos.
🚚 Food trucks ruraux ?
L’enseigne Casino va tester une “épicerie nomade” pour desservir les communes sans commerce. Casino est très impliquée, depuis longtemps, dans le commerce local rural, via son enseigne Vival, en bonne intelligence avec La Poste et l’association des maires ruraux de France.
👏 Devenez un as sur Linkedin
Vous voulez en savoir plus sur l’algorithme de LinkedIn et devenir plus influent ? Spoiler : ce n'est ni le nombre d'abonnés ni la fréquence de publication qui feront votre succès.
Vite dit
Vous connaissez le tueur silencieux de startups 🌀 C’est grave docteur ? 🌀 Cela vous tente un potager d’entreprise ? 🌀 Est-ce une bonne idée de postuler à un emploi avec l’IA ?
Voilà ce que risquent les managers toxiques 😂
Cela fait drôlement plaisir un clic sur le 🩷 ci-dessous. Cela me montre que vous êtes là, attentifs.
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Merci beaucoup. Je compatis avec vous. J'ai focalisé l'article sur le management mais c'est vrai que la pression peut aussi venir de l'extérieur.
J'ai vraiment aimé votre article car je ressens exactement tout ce que vous avez décrit, tous les jours au bureau avec les partenaires, fournisseurs...
Encore merci et continuez comme ça