Maires, managers : élus locaux
Le manager de proximité, le N+1 en jargon corporate, est le premier appui de la confiance dans l’entreprise. Il a un rôle analogue à celui du maire, figure de confiance des Français.
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Et hop, c’est reparti pour 2026. Une nouvelle année que je vous souhaite heureuse, pleine de projets passionnants, de moments de bonheur qui vous tiendrons loin de la morosité ambiante.
Soixante-dix pour cent des Français pensent que le pays va mal. Mais soixante-douze pour cent se déclarent satisfaits de leur vie personnelle. On fait confiance à son maire, à sa famille, aux artisans du coin. Pas au gouvernement, encore moins aux partis politiques. Cette fracture entre le proche et le lointain structure désormais la vie des organisations.
Dans l’entreprise, la position du manager de proximité est comparable à la posiiton du maire dans sa commune. Il fait passer de la stratégie à l’action concrète, au maintien du lien social, il donne du sens. Soixante-dix pour cent de l’engagement des collaborateurs dépend de son engagement à lui. Pas de la politique RH, pas de la marque employeur. Du manager direct, celui qu’on voit tous les jours.
Ce constat invalide dix ans de discours sur l’entreprise libérée. Au début des années 2010, Isaac Getz et Brian Carney ont popularisé une idée séduisante : supprimer l’encadrement intermédiaire, aplatir la hiérarchie, laisser les équipes s’auto-organiser. Le diagnostic était juste. Les organisations pyramidales étouffent l’initiative, le contrôle permanent déresponsabilise les salariés.
Mais la solution était bancale. Zappos a perdu 18% de ses effectifs en testant l’holacratie. Les managers démissionaires étaient souvent les plus opérationnels. Les salariés restants décrivaient une confusion générale : ils ne savaient plus comment travailler, ni dans quelle direction aller.
Le magazine innovant Medium a aussi abandonné l’expérience. Le dirigeant d’Uditis, entreprise suisse, tire une conclusion sans appel : le modèle ne fonctionne pas, parce que certaines personnes n’aiment ni être autonomes ni chargés de responsabilités.
Les tentatives de libération échouent quand elles se font sans cadre et sans directive. Rien ne peut fonctionner si personne n’est apte à prioriser les projets. Bernard Marie Chiquet, spécialiste de l’holacratie, le formule clairement : mettre de la structure reste le préalable au bon fonctionnement de l’organisation, et le management en est le socle.
Le problème n’était donc pas la hiérarchie. C’était la mauvaise hiérarchie. Celle du contrôle, de la défiance, du reporting permanent. Les salariés ne demandent pas zéro hiérarchie. Ils demandent une hiérarchie de proximité, incarnée, accessible.
Le manager-contrôleur est mort. Celui qui surveille les horaires, multiplie les reportings, valide chaque décision n’a plus de sens dans une économie de la connaissance. Le manager de proximité est indispensable. Celui qui traduit, qui relie, qui donne du sens.
Trois conséquences :
le levier d’action est local : le manager qui supprime une réunion inutile fait plus pour l’engagement que dix communications corporate ;
la qualité des liens est le vrai indicateur : la qualité de la relation managériale est un indicateur de performance au moins aussi pertinent que les tableaux de bord financiers ;
il faut équiper les managers, pas les supprimer : cela suppose du temps, de l’autonomie, de la formation aux compétences relationnelles.
L’entreprise libérée a eu le mérite de poser les bonnes questions. Mais sa réponse était une erreur. Ce n’est pas de libération dont les organisations ont besoin, c’est de proximité. Pas moins de hiérarchie, mais mieux de hiérarchie.
Le maire reste l’élu préféré des Français parce qu’il incarne une République de proximité. Le manager de proximité peut devenir cette même figure dans l’entreprise.
On vous a fait suivre cette newsletter ? Vous la découvrez grâce à un réseau social ? Elle vous plaît ? Abonnez-vous 😀La géographie du mégot
Quand j’ai lu le titre de cette étude, je me suis dit qu’il y avait du Jean-Laurent Cassely là derrière. Ex-journaliste, auteur, il est spécialiste des études et analyses sous des angles originaux : la France des ronds-points, des kebabs, des marchés.
Il publie cette fois-ci à une étude pour l’institut Terram : Quand la géographie des mégots révèle les mutations des territoires. On ne rigole pas, c’est du sérieux.
Déchet minuscule mais omniprésent, le mégot devient un révélateur des usages quotidiens de l’espace public et des transformations sociales et territoriales. Observer où les mégots s’accumulent permet de lire une France vécue au quotidien, rythmée par les mobilités, les temps de travail, de loisirs et de consommation.
👩❤️👨 Vous prenez un verre ?
Pour faire face à un marché du travail difficile, de nombreuses personnes utilisent des applications de rencontre afin d’obtenir des entretiens d’embauche.
✊ Reprends tes pouvoirs !
Chaque mois, des hackers européens vont animer des ateliers de la Journée de l’indépendance numérique pour aider à quitter des géants du numérique. Va y avoir du boulot en entreprise !
👉 Assis, pas bouger
Tu prends ton après-midi ? Qui n’a jamis entendu cette vanne quand il quittait le travail à 17h ? Juste une manifestation du présentéisme qui nuit tellement aux entreprises. Un point pour se rafraîchir la mémoire sur le sujet.
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Vous ne vous en doutiez pas, mais Linkedin n’est pas juste un miroir égotique où il faut se montrer le plus conforme possible. Il réserve des surprises.
🤔 Il passe où votre salaire ?
Vous le saviez probablement déjà, surtout si vous ête patron : le montant de votre salaire net (avant impôt) coûte le double à l’entreprise. La fiction des parts patronales et salariales forme en réalité un total qui vous appartient mais qu’on gère à votre place. Pour visualiser où passe ce salaire complet, rien de tel qu’une tour en lego.
🙀 Taillage de short
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L’un des avantages du télétravail est la possibilité de choisir ses horaires. Ce qui se traduit parfois par des horaires de travail plus variés, y compris pendant les vacances ou les week-ends.
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Comment allonger les ponts en 2026 🌀 Comment devenir riche et amoral 🌀 Agilité de l’administration postale 🌀 J’aime ma boîte et ses cadeaux.
La génération Z remet au goût du jour ce travail ennuyeux que les milléniaux et les baby-boomers avaient délaissé. David Graeber s’est-il trompé ?
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