Enterre ton slip !

Comment une expérience rigolote et une déclaration de la ministre du Logement mettent en avant l'importance de la terre, outil de travail, espace nourricier, enjeu d'aménagement.

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Vous êtes peut-être au courant de cette épidémie de “test du slip” arrivée en France depuis le Canada en 2015 ? Des groupes d’agriculteurs enterrent des slips en coton (bio) à 15 cm sous la surface et les ressortent après quelques semaines. Plus il sera dégradé, meilleur sera le signe de la vie microbienne et de la santé du sol.

Tous les paysans connaissaient l’importance de la vie de leur sol. Un de mes voisins agriculteur retraité m’expliquait que, dans son enfance, quand on achetait une terre, on avait l’habitude d’y faire un trou à la bêche et de compter les vers de terre rapportés, signe de vie active.

La terre c’est l’outil de travail premier de toute la chaîne agroalimentaire qui nous nourrit. Elle forme aussi les paysages du pays, préserve la biodiversité et la qualité de l’eau. C’est une richesse. Mais comme l’expliquent nos amies de Village magazine dans le hors-série qu’elles publient cette semaine, Quel devenir pour les terres, le foncier est aussi un enjeu économique et d’aménagement du territoire.

Le foncier est même au centre d’un rapport de force géostratégique. La Chine, avide de terres pour nourrir sa population, a beaucoup investi hors de ses frontières, y compris en France, pour acheter de la terre cultivable.

I ❤️ Sam’suffit

La ministre du Logement, Emmanuelle Wargon, a propulsé la semaine dernière - un peu brutalement - ce sujet dans l’actualité. En affirmant que les maisons individuelles étaient “une impasse écologique, économique et sociale”, elle prenait à rebrousse-poil 75% des Français (et le lobby immobilier) qui rêvent d’un pavillon avec jardin.

Cette sortie maladroite pose pourtant de bonnes questions. A commencer par celle de l’organisation du monde du travail et de l’éloignement domicile-travail. On ne pourra pas indéfiniment “penduler”, pour des raisons de coût écologique et financier, entre la maison et le bureau. Et nous sommes bien obligés de réfléchir à un arrêt de l’urbanisation des terres agricoles et de l’étalement urbain sans fin en périphérie des villes.

A ce propos, dans sa dernière livraison de Dixit, Sylvain Grisot évoque avec optimisme l’évolution de ces espaces péri-urbains, où habitent un tiers des Français, mais qui sont regardés avec beaucoup de condescendance. Ces espaces pourraient représenter une solution pour “refaire de la ville” avec la création de centres de vie et de voies douces. Le problème d’hier pourrait devenir un terreau pour refaire de la ville, dit-il.

La terre peu sembler un sujet aride qui passe au-dessus de la tête de beaucoup d’urbains. Mais elle cristallise et révèle un nombre impressionnant de sujets liés à notre travail et à notre vie quotidienne.

Pour aller plus loin

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Accords télétravail : ça coince

Selon une enquête dévoilée lundi par l’ANDRH, l'association nationale des DRH, 15% des directeurs des ressources humaines indiquent rencontrer certaines difficultés dans la mise en œuvre de leur accord télétravail. Problèmes insoupçonnables avant la pandémie. Ainsi, certains salariés veulent plus de jours en télétravail que le nombre prévu dans l’accord.

Dans d’autres cas, l’entreprise qui est obligée de prendre en charge 50% des frais de transport domicile-travail, voit les montants des remboursements s’envoler pour ses salariés qui ont déménagé loin de l’entreprise. Sans compter que dans ces cas-là, l’entreprise, qui est responsable du cadre de travail de ses salariés, a peu de vision sur la conformité de l’espace de travail.

L’association demande donc au législateur et au gouvernement de faire évoluer le code du travail.


Vite dit

😒 Le monde d’après est en retard
Le New normal, le monde d’après la Covid n’est pas aussi rose que prévu. Selon une étude menée entre mars 2020 et avril 2021, l’entreprise serait une organisation vécue comme disloquée.

🧉 Boum
L’essor du télétravail va t-il faire sauter les 35 heures ? Alors que de plus en plus de Français télétravaillent quelques jours par semaine, les revendications pour une semaine de 32 heures de travail sont revenues dans le débat politique. Deux sujets plus liés qu'il n'y paraît.

😫 C’est raté pour le coworking
Selon une étude menée par des universitaires, on n’observerait pas pour l’instant un effet significatif en faveur d’une réduction des mobilités automobiles chez les usagers des tiers lieux. Pas grave, ces espaces ont d’autres vertus.

🧘‍♂️ Prenez le temps
Noémie Aubron consacre son Conte des futurs de cette semaine à un sujet important: le temps. Pour vous la faire courte, on passe sa vie à la gagner et on n’a plus de temps à soi. Problème insoluble ?

🏄‍♀️ Télétravail, un risque de la délocalisation ?
Encore un serpent de mer mais dénoncé cette fois-ci par l’ANDRH dans l’enquête citée plus haut : le risque de voir plusieurs milliers d'emplois quitter la France dans les mois à venir. Les postes concernés sont les comptables, les ingénieurs, les fonctions support, les développeurs web, les data scientists, les designers, les gestionnaires de paie, des RH... Même la Gendarmerie n’est pas à l’abri !

🏡 Immobilier : la Normandie victime du télétravail
La nouvelle quête des Franciliens vers ce que les professionnels appellent désormais les « résidences semi-principales » a asséché l’offre en Normandie où il devient très difficile de dénicher une maison avec jardin. A part ça, il n’y aurait pas d’exode urbain ?

🐄 Code for good
D’ici 10 ans, la moitié des agriculteurs partira à la retraite sans successeur. Pour lutter contre ce problème, améliorer les pratiques agricoles et la vie des agriculteurs, Xavier Niel a créé une sorte d’école 42, Hectar (ah ah), afin de former des développeurs informatiques spécialisés dans l’agriculture.

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Exode urbain : plus subtil qu’on ne le pense

Selon l’Insee, plus de 450 000 Parisiens ont quitté la capitale entre mars et avril 2020 à l’occasion du premier confinement. Depuis, l’époque serait au désamour des grandes villes. Une rupture accélérée par les expériences du confinement. Réel ou fantasmé, ce basculement des imaginaires ravive la guerre ville-campagne, qui nous empêche de voir les recompositions à l’œuvre.


Un dernier truc

Pour terminer, un petit cours de cuisine avec papa. Il passe du temps avec moi. Mais comme il ne télétravaille pas, il doit partir au bureau et cela me fend le cœur.


Bonne semaine

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